Siècle d’un subit essor de la presse et de l’entrée dans l’ère médiatique, le XIXème est aussi celui de l’invention de l’écriture journalistique. Paradoxalement, en France, la littérature se trouve au c’ur de cette invention : parce que les rédacteurs des journaux sont essentiellement des hommes de lettres, ils vont puiser dans ce seul réservoir de formes poétiques disponible qu’est la littérature. Ainsi, c’est nourris par l’inventivité de la matrice littéraire et informés par les exigences propres à la communication médiatique (l’actualité, la périodicité, le lectorat collectif, notamment) que de nouveaux genres apparaissent dans le journal : éditorial, chronique, fait divers, grand reportage, interview’ Or, même si le journal passe peu à peu du régime de la ‘ chose dite ‘ à celui de la ‘ chose vue ‘, valorisant le témoignage plutôt que le récit, il conserve tout le siècle un rapport étroit à la fiction, plongeant toute la population française dans un imaginaire essentiellement littéraire, et contribuant, dans un retour dialectique, à l’habilitation du roman comme genre didactique mais également à la plupart des grandes mutations littéraires du siècle, depuis l’invention du réalisme jusqu’à la naissance d’une poésie du quotidien. C’est là tout l’intérêt de cette étude qui fait apparaître, textes à l’appui, la profonde circularité entre littérature et écriture journalistique, et témoigne avec optimisme de la capacité de la littérature à se réinventer, y compris dans un environnement médiatique prégnant et contraignant.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
Après la pilule contraceptive, l’insémination artificielle, la fécondation in vitro, une prochaine étape sera l’utérus artificiel. Sans doute cette technique aura-t-elle d’abord des fonctions thérapeutiques, remplaçant les incubateurs actuels pour maintenir en vie les grands prématurés. Mais personne n’est dupe. Les techniques de procréation, initialement développées avec des finalités médicales de traitement de la stérilité ou d’avortements à répétition, débordent inévitablement ces indications strictement thérapeutiques. Comme les inséminations artificielles et les fécondations in vitro, les utérus artificiels seront utilisés pour des ‘ désirs d’enfant ‘ que la procréation naturelle, non médicalisée, ne permet pas de satisfaire Tout en exposant les conditions de réalisation de l’utérus artificiel, Henri Atlan prend la mesure des retombées sociales et culturelles, économiques, politiques, religieuses, voire métaphysiques, de cette nouvelle technique. Outre la dissociation entre sexualité et procréation,c’est une asymétrie immémoriale qui disparaîtra dès lors que les hommes et les femmes seront égaux devant les contraintes qu’impose la reproduction de l’espèce. De quoi seront faits demain les genres masculin et féminin ? Continuant et achevant peut-être une évolution déjà commencée, la procréation sera de plus en plus médicalisée tandis que, paradoxalement, la parenté sera de plus en plus sociale, de moins en moins biologique.Mais rien n’est définitivement joué. Impossible de prédire comment l’UA façonnera l’avenir des sociétés humaines. Et si les mythes et la fiction peuvent ici éclairer la technique, le ‘ meilleur des mondes ‘ n’est pas assuré.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
Terre de conquêtes, de violences et de métissages, le Sud de l’Afrique fascine : ce furent d’abord les pionniers africains, nomades ou défricheurs, qui découvrirent et transformèrent ces immensités. Puis des voyageurs d’Occident abordèrent le cap de Bonne-Espérance, croyant y voir briller les feux de l’Inde. Ceux qui vinrent ensuite convoitaient le bétail, la terre, le diamant et l’or. L’histoire de l’Afrique du Sud est celle d’un long peuplement qui, depuis des siècles, redessine les frontières et bouleverse les identités.Dans la fournaise de ce creuset, les hommes mêlent leurs sangs et leurs croyances, forgent leurs différences : Noirs et Blancs, Coloureds, Indiens, Afrikaners, Zulu, Khoesan… Qui sont-ils, ou plutôt qui veulent-ils être ?Cette histoire africaine est aussi hantée par les multiples visages de la domination et de la soumission. L’apartheid, cet idéal délirant d’ordonnancement du monde, de mise en fiche de l’identité humaine, voulait arrêter le temps, celui qui métisse les peaux et mélange les cultures. Mais l’histoire a repris son cours. Comme un défi à son passé, l’Afrique du Sud continue de s’inventer.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
À l’heure où le poison fait son retour au c’ur de l’actualité, l’ouvrage de Franck Collard retrace la longue histoire de l’empoisonnement comme crime politique. De Néron à Staline, en passant par Louis XI et Catherine de Médicis, d’Alexandre le Grand ou Charles VI à Alexandre Litvinenko, les grands empoisonnements comme les grands empoisonneurs ont nourri l’imaginaire et façonné l’histoire politique. Loin d’avoir été l’exclusivité des puissants de ce monde, l’empoisonnement n’en prend pas moins un relief tout particulier dans l’atmosphère des palais et au voisinage des trônes, là où le risque est maximal. Puisant aux sources narratives et judiciaires, cet essai s’attache à saisir le sens de l’irruption du poison sur la scène politique et internationale, dont il vient perturber et pervertir les règles multiséculaires.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
La rhétorique classique définissait la métalepse comme la désignation figurée (métonymique) d’un effet par sa cause, ou vice versa , et plus spécifiquement la métalepse “de l’auteur” comme une figure par laquelle on attribue au poète le pouvoir d’entrer en personne dans l’univers d’une fiction dont, comme auteur, il est bien la “cause”, comme lorsqu’on dit que Virgile “fait mourir Didon” au IVème Livre de l’Énéide , en feignant de croire qu’il a lui-même allumé le bûcher de la reine de Carthage. De ce qui n’était guère qu’une façon de parler, la narratologie moderne s’est autorisée, depuis quelques années, pour explorer sous ce terme les diverses façons dont le récit de fiction peut enjamber ses propres seuils, internes ou externes : entre l’acte narratif et le récit qu’il produit, entre celui-ci et les récits seconds qu’il enchâsse, et ainsi de suite et dans tous les sens.”””””’ Dans Figures III’ et Nouveau Discours du récit , Gérard Genette avait rapidement évoqué ces divers types de pratiques transgressives. Il leur consacre ici une étude plus frontale et plus approfondie, qu’il étend maintenant au champ beaucoup plus vaste des divers arts “représentatifs” , comme la peinture, le théâtre, le cinéma, la télévision… Il montre comment les figures sculptées d’un bouclier peuvent s’animer et prendre la parole, comment un tableau peut quitter son cadre, un personnage sortir de la scène ou traverser l’écran, comment un romancier au travail peut voir son bureau envahi par les “formes vaporeuses” de ses héros, et comment il peut lui-même encombrer, tel Gulliver à Lilliput, tout le vaste paysage de son roman. D’Homère à Giono, de Sterne à Calvino, de Pirandello à Woody Allen, les artistes ont rarement résisté à cette tentation de mettre en scène et en jeu les moyens et les effets de leur représentation du monde, et d’entraîner leurs propres lecteurs et spectateurs dans le vertige qui résulte de cette sorte de mise en abyme.”””””’ Par sa composition capricieuse et souvent digressive, ce petit volume nous attire à son tour dans le tournoiement, tantôt désinvolte, tantôt inquiétant, des diverses fantaisies créatrices que désigne désormais le terme de métalepse.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
La cause est entendue : Dieu et César doivent être séparés. La phrase du Christ sur la séparation des pouvoirs fait aujourd’hui loi. Et pourtant, à y bien regarder, la sortie de la religion et la dépression du politique dans nos vieilles démocraties ne vont-ils pas de pair ? Si la prétention et la violence religieuses doivent être combattues, encore ne faut-il pas être aveugle sur la force positive du lien qui unit religion et politique, en particulier christianisme et politique. De cette idée peu avouable par les temps actuels, Paul Valadier démontre avec rigueur la cohérence et la nécessité à travers une relecture d’une part de la tradition philosophique, en particulier de la philosophie politique moderne, d’autre part de la théologie politique, avec les impasses intellectuelles qui, à partir de saint Augustin, ont freiné l’avènement de la ‘ nouveauté chrétienne ‘. Cependant, dans les temps récents, on a trop oublié ou méprisé les dynamismes de celle-ci. La ‘ bonne formule ‘ du rapport entre religion et politique ne saurait se réduire au slogan de la laïcité française : ‘ Chacun chez soi ‘. Il faudrait plutôt parier que les religions sont capables de mobiliser leurs énergies symboliques pour donner à entreprendre ensemble et à espérer en un avenir collectif à construire. Elles ne sont pas nécessairement un pouvoir rival ou ‘ complémentaire ‘ : à leur juste place, elles peuvent créer du lien social et porter un avenir que les démocraties oublient facilement au profit des sollicitations immédiates.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
La catastrophe en surgissant du néant crée du possible en même temps que du réel. Bergson décrit les sensations qu’il éprouva en apprenant la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France en 1914 : ‘Malgré mon bouleversement, et bien qu’une guerre, même victorieuse, m’apparût comme une catastrophe, j’éprouvais [...] un sentiment d’admiration pour la facilité avec laquelle s’était effectué le passage de l’abstrait au concret : qui aurait cru qu’une éventualité aussi formidable pût faire son entrée dans le réel avec aussi peu d’embarras ? Cette impression de simplicité dominait tout.’ Or, avant la catastrophe, la guerre apparaissait à Bergson ‘tout à la fois comme probable et comme impossible.’Ce livre est une réflexion sur le destin apocalyptique de l’humanité. Celle-ci est devenue capable au siècle dernier de s’anéantir elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit indirectement par l’altération des conditions qui sont nécessaires à sa survie. Le franchissement de ce seuil était préparé depuis longtemps, mais il a rendu manifeste et critique ce qui n’était jusqu’alors que danger potentiel. Nous savons ces choses, mais nous ne les croyons pas. C’est cela le principal obstacle à une prise de conscience, et non pas l’incertitude scientifique dont les théoriciens de la ‘précaution’ nous rebattent les oreilles. L’auteur propose ici une nouvelle façon d’aborder ces questions.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
Ce livre tente de comprendre la stagnation de la ‘civilisation musulmane’ dans le theologico-politique. C’est aujourd’hui, parmi toutes les civilisations du monde, la seule exception, puisque les pays d’Asie par exemple ont globalement réussi leur entrée dans la modernité, parfois en gardant subtilement leurs traditions (cf. le Japon et la Chine). L’originalité de Redissi consiste à passer en revue les éléments de cette exception (religieuse, politique, économique, sociale, culturelle) pour montrer où elle se fixe (par exemple, dans la forme presque toujours autoritaire du politique, ou dans les formes patrimoniales de l’économie dominée par la rente et non par le travail…). Surtout, il met en lumière une ‘erreur’ qui traverse l’islam depuis le début : l’idée que l’islam n’a aucun problème avec la raison et la rationalité scientifique, l’idée aussi que l’islam est laïc par définition, qu’il se concilie sans peine avec l’économie moderne, la démocratie, etc. Il y a là un point aveugle, sur lequel même les réformistes n’ont guère été lucides, car les ruptures nécessaires, par exemple la séparation de la religion et de l’État, ne s’accommodent guère de ces visions conciliatoires, qui n’aboutissent qu’à des demimesures, et même à une absence de mesures politiques. Faute de payer le prix de la modernisation, les pays d’islam végètent dans des semi-modernités, où, en dernière instance, le religieux a toujours le dernier mot et fait peser sa chape sur les sociétés et les individus musulmans.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
Qu’en est-il de l’autorité dans un monde où l’arrachement à la tradition et au passé a pris valeur de mot d’ordre ? Que devient l’autorité lorsqu’elle se trouve confrontée à l’individualisme et à l’égalisation démocratique et que de surcroît le futur – comme c’est le cas aujourd’hui – se dérobe à toute espérance ?L’autorité ne se confond pas avec le pouvoir. Elle appelle la reconnaissance plus qu’elle ne requiert l’obéissance. Elle se déploie dans la durée alors que le pouvoir est d’abord lié au partage de l’espace. Parce qu’elle assure la continuité des générations, la transmission, la filiation, tout en rendant compte des crises qui en déchirent le tissu, elle est une dimension fondamentale du lien social.Si pour nous l’autorité est encore porteuse de sens, ce n’est pas parce qu’elle se réclame d’un monde vétuste, mais parce qu’elle nous fait naître neufs dans un monde plus vieux que nous. Qu’est-ce que l’autorité, sinon le pouvoir des commencements, le pouvoir de donner à ceux qui viendront après nous la capacité de commencer à leur tour ? Ceux qui l’exercent – mais ne la détiennent pas – autorisent ainsi leurs successeurs à entreprendre quelque chose de nouveau, c’est-à-dire d’imprévu. Commencer, c’est commencer de continuer. Mais continuer, c’est aussi continuer de commencer.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference
Les thuriféraires de la mondialisation, comme ses détracteurs, focalisent identiquement leurs analyses sur la collusion de l’économie et des nouveaux avatars, téléinformatiques, de la technique. Et, pour dresser leurs bilans ‘ positif ou négatif ‘, ils scrutent et traquent identiquement les effets du processus dans les mêmes champs multiples et hétérogènes de l’écologie et du droit, de la psychologie et de la sexologie, de la linguistique et de la morale, de la politique et des arts figuratifs’Mais dans cet inventaire borgésien, un domaine demeure, de part et d’autre, absent’: celui de la spatialité, autrement dit, des modalités selon lesquelles les sociétés humaines construisent et vivent leur environnement spatial.À l’issue d’une série d’articles, écrits au fil des vingt dernières années, sur les figures multiples de la spatialisation et de son histoire (architecture, urbanisme, aménagement, protection du patrimoine), Françoise Choay découvre progressivement un propre de l’homme, ”la compétence d’édifier”, et les enjeux majeurs dont cette compétence est dépositaire à l’heure de la mondialisation.

Have a look at all categories of books or ebooks :
Hyperbooks, Fiction, Business, NTIC, Reference











